Les statuts organisent la société, le pacte organise les relations entre associés. Voici la trame que l’on fait signer en pratique, avec l’explication de chaque clause.
À quoi sert un pacte quand on a déjà des statuts
Les statuts sont publics et rigides ; le pacte est confidentiel et se modifie par simple accord des signataires. Tout ce qui relève de l’équilibre entre associés a sa place dans le pacte.
Clause d’agrément
Elle soumet toute cession de parts à l’accord des autres associés. Sans elle, votre associé peut vendre à un tiers que vous n’auriez jamais choisi.
Précisez le délai de réponse et l’effet du silence. Un agrément sans délai est un agrément qui ne s’applique jamais.
Droit de préemption et sortie conjointe
La préemption vous permet d’acheter en priorité les parts cédées. La sortie conjointe vous permet, à l’inverse, de partir aux mêmes conditions que l’associé majoritaire qui vend.
Les deux clauses se complètent : l’une protège celui qui reste, l’autre celui qui n’a pas le contrôle.
Répartition des dividendes et compte courant
Fixez une politique de distribution plutôt qu’un pourcentage figé. « Au moins 30 % du résultat distribuable, sauf décision contraire à l’unanimité » se tient mieux dans la durée qu’un chiffre gravé.
Sortie en cas de désaccord
La clause la plus utile est celle qu’on espère ne jamais lire. Prévoyez une méthode de valorisation des parts et un mécanisme d’arbitrage : sans elle, un désaccord se règle au tribunal, et la société s’arrête pendant ce temps.
Les délais à ne pas laisser passer
La plupart des dossiers ne se perdent pas sur le fond mais sur une date. Un délai qui court depuis la notification, et non depuis le jour où vous avez compris la portée du courrier, se rattrape rarement.
Notez la date de chaque acte reçu dès sa réception, conservez les enveloppes lorsqu’elles portent un cachet, et considérez qu’un délai commence toujours plus tôt que vous ne le pensez.
Quand un doute subsiste sur le point de départ, agissez comme si le délai le plus court s’appliquait. Une démarche prématurée se régularise ; une démarche tardive, non.
Ce que cela coûte, en pratique
Trois postes se cumulent : les frais de procédure, les honoraires de l’avocat et les frais annexes — huissier, expertise, traduction. Seuls les deux premiers sont annoncés d’emblée ; le troisième est celui qui surprend.
Demandez une convention d’honoraires écrite avant l’ouverture du dossier. Elle précise le mode de calcul, les postes couverts et ceux qui ne le sont pas. Un avocat qui refuse de l’établir vous dit quelque chose.
Le forfait convient aux dossiers dont l’issue est prévisible ; le taux horaire, à ceux dont l’ampleur dépend de la partie adverse. Choisir le forfait sur un dossier imprévisible revient à payer une assurance ; l’inverse, à signer un chèque en blanc.
Et si l’autre partie ne réagit pas
Le silence n’est pas un accord, mais il n’est pas non plus un blocage définitif. La plupart des procédures prévoient un mécanisme qui permet d’avancer malgré l’absence de réponse.
Constatez le silence par écrit, en rappelant la demande et le délai laissé, puis engagez l’étape suivante sans attendre davantage. Chaque mois de patience supplémentaire affaiblit votre position au lieu de la renforcer.
Ce guide a été rédigé par Wilfried Etoundi. Il présente le cadre général applicable et ne remplace pas une consultation adaptée à votre situation.
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Rédigé par
Me Wilfried Etoundi
Avocat à Douala
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