Ce que vous pouvez demander, ce que vous n’êtes pas obligé de dire, et pourquoi les premières heures décident souvent de la suite.
La notification des droits
Dès le placement en garde à vue, vos droits doivent vous être notifiés dans une langue que vous comprenez. L’heure de la notification est consignée : elle fait courir tous les délais.
Prévenir un proche et voir un avocat
Demandez explicitement les deux, et faites-le consigner. Une demande formulée oralement et non actée est une demande qui n’a jamais existé au dossier.
Le droit de se taire
Se taire n’est pas un aveu. Répondre pour « clarifier » sans connaître les pièces du dossier est en revanche le moyen le plus rapide de figer une version que l’on ne pourra plus corriger.
La durée et sa prolongation
La garde à vue est enfermée dans une durée maximale, prolongeable dans des conditions précises et par une autorité déterminée. Chaque irrégularité de forme peut fonder une nullité.
À la sortie : ce qu’il faut récupérer
Demandez copie du procès-verbal de notification et notez les heures. Ces éléments sont la matière première de toute contestation ultérieure.
Les délais à ne pas laisser passer
La plupart des dossiers ne se perdent pas sur le fond mais sur une date. Un délai qui court depuis la notification, et non depuis le jour où vous avez compris la portée du courrier, se rattrape rarement.
Notez la date de chaque acte reçu dès sa réception, conservez les enveloppes lorsqu’elles portent un cachet, et considérez qu’un délai commence toujours plus tôt que vous ne le pensez.
Quand un doute subsiste sur le point de départ, agissez comme si le délai le plus court s’appliquait. Une démarche prématurée se régularise ; une démarche tardive, non.
Ce que cela coûte, en pratique
Trois postes se cumulent : les frais de procédure, les honoraires de l’avocat et les frais annexes — huissier, expertise, traduction. Seuls les deux premiers sont annoncés d’emblée ; le troisième est celui qui surprend.
Demandez une convention d’honoraires écrite avant l’ouverture du dossier. Elle précise le mode de calcul, les postes couverts et ceux qui ne le sont pas. Un avocat qui refuse de l’établir vous dit quelque chose.
Le forfait convient aux dossiers dont l’issue est prévisible ; le taux horaire, à ceux dont l’ampleur dépend de la partie adverse. Choisir le forfait sur un dossier imprévisible revient à payer une assurance ; l’inverse, à signer un chèque en blanc.
Ce guide a été rédigé par Martial Fotso. Il présente le cadre général applicable et ne remplace pas une consultation adaptée à votre situation.
Garder ce guide sous la main
Rangé dans votre espace personnel, il reste accessible depuis n’importe quel appareil.
Rédigé par
Me Martial Fotso
Avocat à Yaoundé
Je cherche d’abord l’accord. Le tribunal ne vient qu’après.