Ce que vous pouvez demander, ce que vous n’êtes pas obligé de dire, et pourquoi les premières heures décident souvent de la suite.
La notification des droits
Dès le placement en garde à vue, vos droits doivent vous être notifiés dans une langue que vous comprenez. L’heure de la notification est consignée : elle fait courir tous les délais.
Prévenir un proche et voir un avocat
Demandez explicitement les deux, et faites-le consigner. Une demande formulée oralement et non actée est une demande qui n’a jamais existé au dossier.
Le droit de se taire
Se taire n’est pas un aveu. Répondre pour « clarifier » sans connaître les pièces du dossier est en revanche le moyen le plus rapide de figer une version que l’on ne pourra plus corriger.
La durée et sa prolongation
La garde à vue est enfermée dans une durée maximale, prolongeable dans des conditions précises et par une autorité déterminée. Chaque irrégularité de forme peut fonder une nullité.
À la sortie : ce qu’il faut récupérer
Demandez copie du procès-verbal de notification et notez les heures. Ces éléments sont la matière première de toute contestation ultérieure.
Quand se faire assister
Toutes les situations ne justifient pas l’intervention d’un avocat. Une démarche administrative simple, un courrier de relance, une demande de pièce se traitent seul sans difficulté.
L’assistance devient utile dès qu’une décision produit des effets difficiles à défaire : une signature, une audience, un délai de recours qui court. À ce stade, le coût du conseil est presque toujours inférieur au coût de l’erreur.
Un premier rendez-vous de trente minutes suffit souvent à savoir si le dossier tient. C’est le meilleur investissement que vous puissiez faire avant de vous engager plus loin.
Les erreurs les plus fréquentes
Elles se ressemblent d’un dossier à l’autre, et elles coûtent presque toujours plus cher que le conseil qui les aurait évitées.
- Répondre par téléphone à un courrier qui appelle une réponse écrite
- Signer un document « pour débloquer la situation », sans en lire les effets
- Attendre que l’autre partie revienne d’elle-même vers vous
- Multiplier les démarches parallèles qui se contredisent
- Confier le dossier à un tiers non habilité, dont les écrits vous engagent
Ce que cela coûte, en pratique
Trois postes se cumulent : les frais de procédure, les honoraires de l’avocat et les frais annexes — huissier, expertise, traduction. Seuls les deux premiers sont annoncés d’emblée ; le troisième est celui qui surprend.
Demandez une convention d’honoraires écrite avant l’ouverture du dossier. Elle précise le mode de calcul, les postes couverts et ceux qui ne le sont pas. Un avocat qui refuse de l’établir vous dit quelque chose.
Le forfait convient aux dossiers dont l’issue est prévisible ; le taux horaire, à ceux dont l’ampleur dépend de la partie adverse. Choisir le forfait sur un dossier imprévisible revient à payer une assurance ; l’inverse, à signer un chèque en blanc.
Ce guide a été rédigé par Maurice Ndongo. Il présente le cadre général applicable et ne remplace pas une consultation adaptée à votre situation.
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Rédigé par
Me Maurice Ndongo
Avocat à Buea
Un bon contrat prévoit la rupture. C’est là qu’on juge sa rédaction.